Au cimetière

Au dernier rang du cimetière

Il n’est de tombe sous les fleurs

Ni de caveau dont la portière

Grince à l’automne aux vents siffleurs.


C’est un aplat de terre brune,

On dit que ce soir tout est prêt,

Quand brillera la pleine lune,

Gémissement se fait discret.


C’est un printemps mais la nuit froide

Raconte au marbre gris et blanc

L’éternité de brume roide

Comme se tord un récit lent.


Le fossoyeur prendra sa pelle

Glissant dans l’air ainsi qu’un foc,

L’aube rosit, le jour m’appelle,

Le sol s’ouvre sous chaque choc,


Et voici la forme finale,

On pourra glisser le cercueil,

Jeter fleurs, parole banale,

Au dernier rang un jour de deuil.

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