La maison de mon enfance

Je ne me suis pas attardée

Assise à ce petit bureau,

Peut-être pensais-je au sureau ?1

Ma chambre d’enfant mansardée


Ne donnait pas sur le jardin,

De côté quelques herbes folles,

Atténués, les cris, paroles

D’une voisine2 ou d’un gredin.


J’aimais cette maison modeste

Où je vis mes premiers couchants

Au salon, doux comme des chants :

“Va te coucher !” Mais non, je reste !


Tant de cachettes, de recoins

Et puis les nids des hirondelles !

Saisons marquées mais pas cruelles3,

Viens dans la neige ou dans les foins !


Le jardin bruissait dans sa bulle,

Pourquoi fallut-il donc partir ?

Pourquoi faut-il d’ailleurs grandir,

Laisser l’enfant, là, minuscule ?4

Ma maison verte


  1. Voir ce poème de la vingt-sixième Saison↩︎

  2. C’est étrange comme nous fréquentions plus les voisins du bas de la rue que plus haut. ↩︎

  3. Climat continental des années 1980… ↩︎

  4. Je me demande vraiment si je ne trouverais pas cette maison et son jardin petits, ayant grandi. ↩︎