La maison de mon enfance
Je ne me suis pas attardée
Assise à ce petit bureau,
Peut-être pensais-je au sureau ?1
Ma chambre d’enfant mansardée
Ne donnait pas sur le jardin,
De côté quelques herbes folles,
Atténués, les cris, paroles
D’une voisine2 ou d’un gredin.
J’aimais cette maison modeste
Où je vis mes premiers couchants
Au salon, doux comme des chants :
“Va te coucher !” Mais non, je reste !
Tant de cachettes, de recoins
Et puis les nids des hirondelles !
Saisons marquées mais pas cruelles3,
Viens dans la neige ou dans les foins !
Le jardin bruissait dans sa bulle,
Pourquoi fallut-il donc partir ?
Pourquoi faut-il d’ailleurs grandir,
Laisser l’enfant, là, minuscule ?4
